Mon père et Sheller… en solitaires

Mon père remet ça… Le piano de Sheller retentit dans l’habitacle de la 305 Break. La voiture file le long de la côte pour un pique-nique dominical. Le ciel est gris, la plage est vide, balayée par le vent de novembre. Mon père coupe le contact et la bande K7 s’immobilise contre la tête de lecture… mais le voilà qui récidive. Il remonte la clé d’un cran, et relance l’autoradio.  Je sors le panier du coffre. Une terrine, une miche de pain, le couteau de la boite à gants en guise de vaisselle pour un sandwich aux larmes et au mal-de-vivre. Mon père fixe l’horizon. A quoi pense-t-il? Et Sheller?  Est-ce qu’il pensait vraiment au sens de ses mots en les écrivant? Sait-il que sa musique sonne et sonnera comme la séparation qui a changé ma vie? 

La cassette s’achève enfin sur des applaudissements qui en ce dimanche après-midi sonnent comme une averse.

Mon père me déposera le soir à la maison du bout du monde… et s’en ira… sans un mot… dans la nuit… dans le froid.

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